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Le Tour du Manaslu – Étape 2

Publié par Serge D. (FRA 018) dans le blog Serge D. (FRA 018). Nombre de vue: 166

Trek du 20 Novembre au 1er Décembre 2016

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Lundi 21 Novembre
Jour 2 : Séti Khola (880m) - Maccha Khola(900m)

Malgré le bruit ininterrompu de la tumultueuse Budhi Gandaki Nadi
qui coule au pied du lodge, la nuit a été réparatrice, et les boules Quies ont été efficaces. 6h30, nous sommes réveillés par des coups de poings sur la porte, je m’accorde encore 5 minutes pour m’étirer dans le sac de couchage. Je tire les rideaux de la fenêtre de la chambre et découvre qu’une épaisse brume enveloppe le village. Le beau temps serait-il déjà parti ?
Avant de descendre prendre le petit déjeuner, Il faut un peu organiser les sacs, celui que l’on porte la journée et celui confié aux porteurs, que l’on retrouve le soir au lodge. Après quelques hésitations sur le contenu du sac à dos, les deux sacs sont fin prêts.
Le petit déjeuner est encore l’occasion de jouer aux prénoms, bon nombre d’entre nous n’ont pas encore mémorisés les 14 prénoms qui composent notre groupe. Ce matin, c’est léger, thé, pain tibétain accompagné de confiture de fruits rouge.
Dans la cour sirdar, sherpas et porteurs s’organisent pour la répartition des charges de l’équipe locale.

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Une partie de l’équipe locale​

Le premier matin nécessite le réglage pour un bon timing pour être prêt à l’heure prévue et chacun à son propre rythme. La brume enveloppe encore un peu le village, mais c’est dû à la rivière, au loin le ciel est d’un bleu limpide, la journée sera belle. Il est 7h50 quand tout le monde est prêt ; pour une première c’est plutôt pas mal !
Nous empruntons une large piste encore carrossable pendant une petite heure. Nous y croisons ça et là des gens qui transportent dans leurs paniers traditionnels, bois, épis de maïs, d’autres portent d’énormes ballots de paille de riz, bref c’est la vie rurale népalaise que nous allons croiser quotidiennement pendant ce trek.

Le premier pont suspendu, c’est toujours un sujet photogénique, certains prendrons la pose pour ce premier pont.

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La piste se rétrécie plus loin, les cailloux parsèment le chemin, il faut faire attention où l’on met les pieds. Le paysage se découvre devant, la brume à maintenant totalement disparue, laissant place à un soleil qui commence à bien chauffer. Sur des pans entiers de montagne, les cultures en terrasses sculptent le paysage ; sur les parties trop abruptes la forêt domine.

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Au cours de notre progression, chacun va à son rythme. Le tempo est donné par Supak, le sherpa qui marche à l’avant du groupe, Rukaji le sirdar et Purna le guide restent à l’arrière pour clôturer la marche. Dans notre groupe un autre népalais qui est à l’écart des activités, semble plutôt observateur, nous en saurons plus sur lui ce soir à la présentation de l’équipe. Nous traversons quelques villages, constitués parfois d’un petit groupe d’habitations construites à proximité d’un petit cours d’eau. Le chemin monte et descend au gré du relief, tantôt au niveau de la Budhi Gandaki Nadi, rivière qui sera notre compagne pendant une semaine puisque le sentier la remonte jusqu’à Samdo.

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La matinée est agrémentée de quelques poses, pour grignoter une barre de céréales et avaler une gorgée d’eau, prendre quelques photos, à ce petit jeu, je me retrouve vite en queue de peloton à discuter avec notre guide francophone qui parle bien le français.
Autre incontournable du trek, les convois de mules, de nombreuses marchandises sont transportées à dos de mules, suivant l’importance du convoi, il peut y avoir une ou deux personnes pour s’occuper des animaux et les faire avancer. La consigne pour les trekkeurs, s’est de toujours se positionner coté montagne ou talus, surtout ne pas rester coté vide, au risque de prendre un coup de tête et de tomber dans le ravin. Les sentiers étant bien secs, c’est aussi l’occasion de gouter à la poussière.

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Nous poursuivons notre chemin par une série d’escaliers taillés dans la falaise qui domine la rivière. Ici pas de parapet ou autres barrières de protection, le faux pas est interdit.

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Il est un peu plus de 11h00 quand on arrive dans le village de Lapubesi. Ici l’arrêt sera plus long, c’est la pause repas de midi, la tradition veut que les sherpas aident à la préparation des repas dans les lodges, c’est la raison pour laquelle les pauses sont conséquente à midi. C’est l’occasion de découvrir la population népalaise, surtout les enfants qui cherchent le contact avec les «touristes » pour quémander quelques bonbons, pourtant fortement déconseillé par les guides.

Le lodge où nous faisons la pause a une partie en terrasse abritée du vent, fort agréable, un couple de trekkeurs y farniente au soleil. Ce sont des français originaire du Sud-Ouest, l’homme et sa femme sont accompagnateurs en montagne et sont ici en reconnaissance d’un circuit qu’il souhaite proposer à leurs clients. Ils nous expliquent avoir vécus le séisme du 23 Avril 2015 au Langtang et ont échappés de peu au pire. L’épicentre du séisme situé à Gorkha est assez proche d’ici (Depuis notre changement du bus à Arughat nous sommes entrés dans le district de Gorkha) et les traces sont bien visibles sur les montagnes. Nous le constaterons dès l’après-midi.

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Après 2 h15 de pause déjeuner et le traditionnel « black tea » servi en fin de repas, nous reprenons le sentier en direction de Machhakhola, toujours rive droite de la Budhi Gandaki Nadi. Le sentier monte le long des terrasses cultivées avant de redescendre vers le village de Nauli Khola. Une école anime le village, les écoliers jouent dans la cour, à notre passage ils accourent vers nous pour nous présenter une urne avec un panneau expliquant le besoin de fond pour terminer la reconstruction d’une partie de bâtiment écroulé par le tremblement de terre ; chacun exprimera sa générosité en glissant un billet dans l’urne.

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En observant les montagnes environnantes, nous voyons très bien les traces du séisme sur les pentes, ces cicatrices blanchâtres sur la verdure du paysage sautent aux yeux. Par endroits il semble que des pans entiers de montagne ont dégringolés.

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Traces du séisme​

Par endroits, le sentier traverse ces zones d’éboulis plus ou moins bien stabilisées, c’est assez impressionnant de voir ces milliers de tonnes de rochers déplacés. Plus loin, la vallée s’élargie, la rivière est plus paisible et serpente entre des bancs de sable. Ce sable est bien sûr récupéré par les népalais pour la reconstruction de leur maison. Sable qui est acheminé par les nombreux convois de mules que l’on a croisés dans la journée.
On découvre enfin, le premier sommet enneigé au loin, le Shringi Himal qui culmine à 7161m presque à la frontière tibétaine.

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Nouveau pont népalais traversé pour arriver dans le petit village de Nauli Khola qui domine la Budhi Gandaki Nadi, il y a encore des maisons en cours de reconstruction et il est facile de reconnaitre celles qui ont été récemment réparées, par les cadres de fenêtres, quelquefois les tôles, ou simplement les têtes de pointes brillantes qui les fixent. Nous descendons une nouvelle fois au niveau de la rivière, pour remonter son lit sablonneux.
Nous y ferons une pause, dans le coffee shop le plus improbable de la région, un cabanon de tôles recouvert de bâches plastiques, là une vieille femme y vit avec quelques poules, elle vend du thé mais aussi le soda connu dans le monde . . .

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La fraicheur se fait sentir, nous ne sommes pourtant qu’à 800m d’altitude, mais le soleil vient de passer derrière la montagne et avec la proximité de l’eau, immédiatement la température chute. Nous reprenons notre chemin, Purna nous dit qu’il reste moins d’une heure pour rejoindre Machhakhola. Après avoir longé la rivière 1/2 heure, nous remontons un bon raidillon dans une immense zone d’éboulement qu’il faut traverser pour entrer à nouveau dans une partie boisée et humide, le sentier est même bien boueux par endroits. Il est un peu plus de 16h00 quand nous arrivons au Chumvally Lodge.

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Le lodge est grand et bien entretenu, les chambres sont à l’étage, certaines avec toilettes, le guide nous laisse choisir les clés, pas de chance mon camarade de chambrée n’a pas eu la main heureuse, ce sera sur le palier . . . le temps de monter les sacs, il est l’heure du thé ; servi avec de petits gâteaux secs. Notre guide nous présente l’équipe de porteurs, la plupart sont jeunes de 19 à 23 ans, ainsi que Sudarshan, qui fait partie de l’agence Thamserku (Agence de Trekking de Katmandou qui travaille en relation avec de nombreuses agences européenne), il nous accompagne pour voir comment sont les lodges, les sentiers après le séisme sur ce circuit.

En attendant le diner, nous nous retrouvons dans la salle à manger, chacun occupé à ses petites notes de la journée, qui sur un calepin, d’autres tracent le parcours sur un carte ; cela permet également les premiers contacts avec nos porteurs que nous avons peu vus de la journée, certains s’expriment bien en anglais, cela favorise le contact.
Le repas du soir est servi à 19h00, la salle est ouverte sur la rue, la polaire est de rigueur pour se protéger de la fraicheur de la nuit.

Après le briefing de notre guide pour présenter la journée du lendemain, je reste discuter avec une partie des trekkeuses dans la salle avant qu’un trekkeur germanique vienne nous signifier que nos voies perturbent son sommeil et celui de sa compagne, il est 21h00 passé. . .

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Photos : Serge D.18
Carte : ©Google Earth
Trace GPS : Surdarshan S.

Pièces jointes:

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